Romano Regazzi

Un nouveau directeur pour un nouveau département

Le Département des sciences biomédicales (DSB) de la Faculté de biologie et de médecine (FBM) a été créé au 1er janvier 2020, résultat de la fusion du Département de physiologie (DP) et du Département de pharmacologie et de toxicologie (DPT) (voir l'actualité du 20 janvier 2020). Romano Regazzi devient le premier directeur de la nouvelle entité. Le professeur travaille depuis plus de vingt ans sur les cellules β pancréatiques, et notamment sur leur rôle dans le diabète. Plus précisément, il s’est penché ces dernières années sur le rôle des ARN non codants dans le contrôle de la sécrétion d’insuline. A côté de son activité de recherche, il est aussi vice-directeur académique de l’Ecole de médecine, supervisant l’enseignement des sciences de base aux futurs médecins.

Pourquoi créer ce nouveau département, sis sur la Cité hospitalière? Quel rôle est-il appelé à jouer au sein de la FBM? Romano Regazzi répond à nos questions.

La création du DSB, c’est aussi la fin du DP et du DPT : quelles considérations ont mené à ce grand «coup de sac»?
L’idée liminaire, c’était d’avoir une masse critique plus importante. Le DP et le DPT, qui historiquement étaient des piliers de la Faculté, étaient devenus relativement petits avec le temps. Ce projet de réorganisation ne date pas d’hier, ce qui a conduit parfois à une posture un peu attentiste: plusieurs postes vacants restaient dans l’attente d’être repourvus. Aujourd’hui, avec une quinzaine de groupes de recherche, le DSB aura une meilleure visibilité. Deux postes, liés aux départs des professeurs Luc Tappy et Luc Pellerin, seront en outre mis au concours en 2020.

Et concernant les missions?
Nous sommes dans la continuité des activités du DP et du DPT. Mais nous souhaitons utiliser cette fusion pour positionner le DSB comme le lieu d’interaction privilégié avec les groupes cliniques – d’où le qualificatif de «biomédical». Nous appartenons à la Section des sciences fondamentales de la FBM, mais si nous faisons de la recherche de base, nous la faisons dans une optique résolument translationnelle. Une recherche biomédicale, c’est une recherche qui vise à plus ou moins long terme une application. Bien évidemment, être basé sur la Cité hospitalière est un atout. Notez que beaucoup de départements de la FBM sont focalisés sur un système ou une maladie; ce n’est pas le cas du DSB, qui se veut englobant. Nous avons nos thématiques phares, comme le métabolisme, le vieillissement, le développement – avec dans ce cas un accent sur les cellules souches – mais elles sont larges et transversales. De même pour nos modèles expérimentaux: nous travaillons sur des modèles murins, des poissons, mais aussi chez l’homme.

A côté de la recherche, l’autre gros morceau, c’est l’enseignement?
Tout à fait. Historiquement, le DP et le DPT ont la responsabilité de l’enseignement de la physiologie et de la pharmacologie aussi bien aux étudiants en médecine qu’en biologie. Le DSB a repris le flambeau de l’enseignement de ces sciences de base, et c’est une donnée complexe. Si l’on se place du point de vue de l’Ecole de médecine – ce que je peux faire aisément en tant que vice-directeur -, on constate beaucoup de divergences entre les différentes matières à enseigner et la recherche effective dans les labos : nous devons enseigner l’anatomie, l’histologie, la physiologie… mais aujourd’hui personne ne fait de la recherche de pointe dans ces branches! C’est beaucoup trop générique. Rappelons que la dénomination de ces départements fait référence à une vision des disciplines qui remonte au XIXe, à une époque où le paysage de la recherche était très différent. Si je prends un exemple personnel, je suis en charge de l’enseignement de l’histologie, de la structure microscopique des tissus. Dans le cadre de cet enseignement, je ne passe pas plus de dix minutes sur les îlots de Langerhans du pancréas, qui constituent mon domaine de recherche.

Et pourtant, il faut bien enseigner l’histologie et les autres disciplines de base!
Nous devons garantir ces enseignements de base: rappelons-le, les objectifs sont fixés au niveau fédéral en médecine. Le DSB a donc un mandat critique d’enseignement mais aussi de sa coordination avec d’autres départements. Son périmètre englobe la physiologie, comprenant tous les systèmes dans leur fonctionnement normal, en coordination avec la physiopathologie, et la pharmacologie fondamentale, en coordination avec la pharmacologie clinique. J’ajouterai encore que le DSB, à cheval entre les sciences fondamentales et cliniques, avec sa double casquette de recherche et d’enseignement, peut être le lieu privilégié d’hébergement de la filière MD-PhD.

Beaucoup de pain sur la planche donc. A votre avis, pourquoi est-on venu vous chercher pour diriger le DSB?
Tout d’abord parce que ma thématique de recherche, même si elle est effectuée au sein d’un autre département, le Département des neurosciences fondamentales (DNF), est cohérente avec celles des anciens DP et DPT. Ensuite, parce que j’amène mon expérience de direction à l’Ecole de médecine, dans un département appelé à jouer un rôle central dans l’enseignement. Enfin, parce qu’on souhaitait une personne externe aux DP et DPT pour ce poste. Bref, je correspondais bien au profil demandé. On a probablement fait appel à moi aussi pour mes dispositions pour la diplomatie: il en faudra, et du temps aussi, pour réussir à faire prendre la sauce. Et faire du DSB cette plaque-tournante, ce «hub» entre les deux mondes de la FBM.

Propos recueillis par Nicolas Berlie - Communication FBM, janvier 2020

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© Felix Imhof, UNIL

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